Je le place exe-àquo avec mon Cambodge d'adoption.
Depuis quelques années le pays aux
millions d'éléphants s'est ouvert au tourisme. Seulement 236 000 km2 avec 5,5
millions d'habitants.
La République Démocratique Populaire du Laos se situe parmi
les pays les plus pauvres. Elle est coincée entre la Thaïlande et le Vietnam,
elle doit donc être attentive et prudente face
à ces deux ogres, chacun dans
son style spécifique.
Jusqu'à
la révolution de 1975 le Laos possédait une structure féodale. La plus grand
partie du pays est recouverte de forêts tropicales avec des essences
précieuses comme le teck et le palissandre. La belle et pure richesse du
Laos se situe au niveau des rizières. Nous verrons plus loin le plaisir de
danser dans une rizière (sèche) transformée en discothèque.
Un point important est regretté
par le Capitaine, il ne possède pas d'accès a la mer. Mais il a le Mékong
qui le traverse du Nord au Sud.
Des l'arrivée on est saisie par la tranquillité, la gentillesse des laotiens.
Une courte page d'histoire.
Les vestiges laissés par les
premiers habitants du laos sont certainement les célèbres jarres de la "plaine des jarres" non loin de Phonsavan que l'on peut voir dans la province
de Xien Kouang.
Dés les premiers siècles de notre
ère les Khmers exerçaient leur influence sur le sud du pays, le Vat Phou en est la
preuve.
Dans la seconde moitié du XIXème siècle la France était présente en Indochine. Notre pays envoie des
missions d'explorations qui permettent d'étendre notre influence. Si l'on
essaie de dresser un bilan de la présence française il sera très contrasté.
A part la construction de Ventiane et l'aménagement de la navigation sur le
Mékong, la France n'a pas investi au Laos. Durant la seconde guerre mondiale
le pays est administré par Vichy sous la férule des japonais.
En 1945 le mouvement " Le Laos
Libre " déclara l'indépendance du pays. Une période trouble s'en suivie. Dans
les années 57 et 62 il y eut deux tentatives de gouvernement. A partir de
1964 les communistes agissent seuls avec le soutien vietnamien.
Il faut savoir et ne pas oublier que pour lutter
contre la guérilla les
américains
lâchèrent sur le nord et l'est du
Laos ainsi que sur le nord du Cambodge 2 millions de bombes !!! soit 500 kg
par habitant !!! Etait ce nécessaire de bombarder, qui?, avec cette force
???
En 1997 le Laos entre dans l'Asean Group, ceci
l'aidera
à évoluer, je n'en doute pas mais il faut qu'il règle les problèmes
internes avec les différentes ethnies et ce par la voie démocratique pour
employer un mot qui est dans la devise du parti dirigeant.
Le Voyage.
Dimanche
20 novembre je quitte Equinoxe pour rejoindre en avion Singapour, Bangkok, Udon Thani et
Non Kai, nord de la Thailande ou je passe la nuit.
Le lendemain je franchis le pont
de l'Amitié et me voila après les formalités de visa, au Laos.
Je change de l'argent dans une banque, pas possible de mettre les billets
dans la poche, pour 200$ la caissière me donne 2 160 000 Kip en billet de 10
000 donc 216 billets. Je prends le bus en direction de Van Vieng,
jolie ville mais plus de touristes que de Laos. Beaucoup de routard et pas
les meilleurs viennent ici, ils ne fument pas que des Malboros. Tout est fait
pour le touriste, les guest houses et restaurants sont innombrables, une
discothèque vient d'ouvrir, la Tailande n'est pas loin et les thaïlandaises
viennent donner des cours aux débutantes laotiennes. Je ne m'attarde pas, le
lendemain
à
7h je suis dans le bus pour Phonsavan.

Le bus de 40 places compte 60 personnes, des chaises et tabourets sont
disposés dans l'allée centrale entre les sacs de riz qui n'ont pas trouvé de
place sur la toiture. On roule
à droite et les routes sont bonnes, mais les
bus sont lents et s'arrêtent très souvent. La moyenne se situe aux environs
de 30km/h. Apres 5 heures de route je sens l'odeur caractéristique des
mâchoires des freins chauffées au rouge, personne ne réagit, après quelques
minutes je fais un signe au chauffeur. il stoppe et le voila avec pince et
marteau sous le bus pour desserrer les mâchoires. Le convoyeur lui passe les
outils. Tiens, me dis-je, le convoyeur est bossu. En observant de plus
près je vois un canon dépasser de la veste, l'ami était armé et pas bossu.
Plus tard j'ai obtenu l'explication. Il y a 2 ans dans cette région il
y a eu une révolte de certaines ethnies ce qui explique les précautions
prises. Nous arrivons
à Phonsavan
à 17h après 10 heures de route. Un
froid glacial me saisi, Phonsavan est situé sur un plateau
à 1200m
d'altitude et le vent souffle fort.


C'est ici que ce trouve la
célèbre Plaine des Jarres. On ne connaît pas très bien l'origine de ces
grosses pierres cylindriques creuses. Elle sont parsemées dans cette vaste
plaine. Certaines possèdent un couvercle, une est sculptée, l'hypothèse la
plus vraisemblable: ce sont des tombes. Le mystère: d'ou viennent elles ?
Elles sont en roche calcaire et pas de calcaire dans la région!
Une journée de bus local et me voici
à Luang Prabang, perle du Nord, classée
au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. La ville est au confluent
du Mékong et de la rivière Nam Kane, c'est la plus belle ville du pays. Elle
est située sur la route de la chine, elle est promise
à un brillant avenir
économique, il est souhaitable que le développement ne lui enlève pas son
charme, sa tranquillité et son caractère sacré.
J'ai longuement marché dans les
rues découvrant des Temples magnifiques, et surtout le Mont Phousi avec le
That Vat Chomsi, stupa de 20m de haut. Le contact avec les habitants est
sympathique. Je n'ai pas hésité
à traverser le Mékong pour me rendre dans un
village de potiers.
Un matin
à 6h je faisais parti d'un groupe de laos
alignés et a genou pour l'aumône des bonzes.
Je suis allé également sur la
rive gauche du Mékong
à la recherche de la tombe de Henri Mouhot,
l'explorateur et naturaliste français né
à Montbéliard
à qui l'on doit la
découverte d'Angkor Vat. Il fit plusieurs voyage en Asie et s'est passionné
pour le Cambodge et le Laos. Il est mort
à Luang prabang épuisé par les
fièvres
à l'age de 35 ans.
La route vers le Nord me dirige vers Borten, la frontière avec la
Chine. Ici pas d'hôtel ou guest house, je me replie sur Luang Namtha. Ville
paisible avec un marché intéressant ou j'achète du lao lao (alcool de riz a
50 degrés ).
Proche des frontières avec deux pays voisins, la Birmanie au Nord-Ouest, la
chine au Nord. La province montagneuse est peuplée de très nombreuses minorités,
dont une forte proportion de lao Soung (lao des montagnes).
Le lendemain je reprends la route car ici pas grand chose
à
voir. Retour sur Oudom Say charmante ville étape, elle a était complètement
détruite par les bombardements, aujourd'hui elle est la plaque tournante du
commerce entre la Chine, le Vietnam et la Thaïlande.
Retour sur Luang Prabang, le nombre d'heures accumulées depuis le départ
m'incite
à prendre l'avion jusqu'à Ventiane. J'apprécie tout
particulièrement les bus locaux qui permettent de découvrir les paysages et
les villages étant parmi les habitants, partageant leur vie. Mais les mêmes
trajets au retour font perdre de précieuses journées. Une fois, j'ai choisi de
voyager en bus de nuit, fatiguant certes mais 1 jour de gagné !
Me voici donc au point de départ et prêt
à quitter le Laos car j'avais prévu
un voyage de 15 jours correspondant au visa pris
à la frontière. Depuis 2 ou
3 jours le moral du capitaine n'était pas au beau fixe, quelque chose me
tracassait, me préoccupait, comme si un élément extérieur m'empêchait
d'avancer. Je n'ai pas eu
à réfléchir longtemps pour remettre le moral au
top.
Apres une nuit de repos
à Ventiane, je cherche le bureau d'immigration pour
prolonger mon visa. J'ai décidé de rester 15 jours supplémentaires, je suis
trop heureux ici.
Nous sommes vendredi et
"Jour National", notre 14 juillet, ensuite samedi et dimanche, ouverture
lundi, trop tard mon visa fini demain. Lorsque le capitaine a pris une
décision, il cherche les solutions et ne baisse pas les bras. Je fonce
à la
gare routière centrale et saute dans un minibus en direction de la frontière
Thaï
à 30 km. Une heure après je me retrouve en Thaïlande. Check in, je traverse
la route et me pressente pour le check out, l'officier d'immigration Thaï me
dit : " Mais vous venez juste d'entrer ! " . Pensant que cela pouvait être
interdit je réponds: " oui mon visa était terminait et j'ai les bagages
à
l'aéroport ", il pouffe de rire et tamponne ma sortie de la Thaïlande, ce
fut mon voyage le plus bref dans ce pays, 15mn. Nouveau visa et me revoilà pour 15
jours de
plus au Laos !
Apres avoir visité le Nord je me dirige vers le Sud, nuit étape
à Thakhek, seule
ville ou je n'ai pas ressenti la gentillesse et la générosité des laotiens,
aujourd'hui encore je n'explique pas pourquoi.
En route pour
Paksé, le
Mékong décrit une grande boucle autour de la ville. C'est le Luang Prabang du Sud
par sa position géographique mais nullement comparable.

Je me dirige rapidement sur le plateau des Bolovens,
très peu de touriste
dans ce coin pourtant magnifique. J'ai choisi le village de Tad Lo
comme escale. Les Bolovens sont habités par des protomalais de l'ethnie Khaleune, ils sont animistes et ne s'habillent plus en costume traditionnel,
ils sont très pauvres. Je suis aller passer un après midi dans le village de
Tat Sung, avaient ils déjà vu un farang ? Certainement, mais
à coup sur il y
a fort longtemps. J'ai eu la chance de pouvoir photographier des enfants qui
jouaient nus au milieu des poules et cochons et surtout de montrer les photos
grâce
à l'écran de mon appareil, des rires et cris de joie alertent les femmes
qui cuisinent, elle s'avancent vers moi.
Bien joué Capitaine tu vas
être
admis pour quelques heures dans la communauté. Je me suis assis
à cote d'une
qui fumait un cigare énorme. Un jeune regarde mes bras, il avance lentement
ses doigts et tire sur les poils, nouveaux éclats rire. Les asiatiques sont
pratiquement imberbes. J'hésitais
à demander l'hébergement pour la nuit,
après réflexion je poursuivais ma promenade jusqu'à la hutte sacrée au
centre du village, c'est la qu'ils célèbrent le culte animiste.
De retour dans le Lodge ou j'ai loué une hutte en bambou, je savoure ces
merveilleux moments passés avec les enfants et les femmes de ce village. A
ce moment Equinoxe est bien loin.
Enfin arrive le lieu qui a été le motif principal de ce voyage au Laos.
Au Sud de Paksé, de l'autre cote du Mékong, le ferry me transporte
à
Champassak. Je loue une bicyclette et sillonne les chemins de campagne en
direction du VAT POU.
Dans cette province du sud, territoire mystérieux,
autrefois faisant partie de l'empire du Tchen La ( VIIème siècle ), se
dresse le Vat Phou ou "temple de la montagne". La tradition rapporte que
jadis le seigneur Kammathan y faisait des sacrifices humains. Chaque année,
un couple vierge , une fleur rouge sur l'oreille, était convié à boire du
poison.
C'est pour cette raison de nos jours lorsque fleurit le flamboyant rouge,
c'est la fête de Vat Phou.
Le site archéologique le plus intéressant et le plus
important du Laos. Vat Pou signifie temple de la montagne. Il est le berceau
de la civilisation Khmer. Angkor au Cambodge date du IXème siècle.
Le site est orienté suivant un axe Est Ouest, le
sanctuaire et face a l'Est vers le soleil levant, la lumière. Les photos
seront plus explicites que le texte et permettent d'admirer l'architecture
Khmer des deux sites. (Voir récit 6).
Toujours plus au Sud en direction des îles du Mékong toutes proches du
Cambodge.
L'île de Không, la plus grande, avec ses voisines l'île de Det et l'île de
Khône ont joué un rôle important dans l'amélioration de la navigation sur le
Mékong, et ce
à l'époque du protectorat français.
Sur Khône les français ont construit un ligne de
chemin de fer de 14km, un pont, un poste de douane et un bureau de
télégraphie. On peut encore aujourd'hui circuler sur le pont, et photographier
la vieille locomotive. Les rails ont été démontés et utilisés comme clôture.
Le plus intéressant est de partager la vie des
habitants de ces îles.
La chance aidant, je me trouve sur l'île Không au moment de la fête de 3
jours, je reste donc pour les 3 jours. Quelle ambiance! Tôt le matin les
stands forains, quelquefois une simple couverture
à même le sol, restaurants
et marchands de tout ce qui peut exister dans le Laos sont
à pied d'oeuvre.
je prends plaisir
à balader
à travers les allées formées par les
stands dans une rizière (sèche et moissonnée). Au Laos on est jamais
importuné, les vendeurs demande timidement si vous étes intéressé et une
seule fois. Dans les villes également le chauffeur de Tuk Tuk propose leurs
services sans insister. Le deuxième jour plus une chambre de libre dans les
hôtels ou guest houses. Je loue une bicyclette pour faire le tour de l'île et
quitter pendant quelques heures cette foule enivrante. Le soir 3 orchestres,
heureusement assez éloignés du centre, fond le concours de la plus puissante
sono.

Je retrouve 3 françaises rencontrées
à Champassak, nous buvons un Lao au
miel et nous allons vers une des trois discothèques en plein air. C'est
la première fois que je danse dans une rizière. Nous sommes assis
à une
table avec des laotiens, un homme d'un age respectable pensant que
j'étais le grand frère ou l'oncle ... des jeunes françaises me demande
l'autorisation de danser avec l'une d'entre elle. Le Capitaine aime jouer
des tours et je me prends au jeu en expliquant que j'étais très honoré et
que la demoiselle était très heureuse de cette initiative, ce qui a, vous
vous en doutez déclancher les éclats de rire des 2 autres copines.
Le dernier jour, dés le matin l'allée principale était
totalement barrée
à la circulation, grand discours du 1er responsable du
Parti de la République Populaire Démocratique. L'après midi clôture de la
fête avec les courses de pirogues.
Je retrouvais la civilisation de la capitale Ventiane pour me préparer au
retour. Déjà 4 semaines que je suis au Laos, cette fois pas possible de
prolonger le visa car Equinoxe doit s'impatienter, tout seul dans sa marina.
Je retourne avec de belles images dans ma mémoire, plus belles que celle de
mon appareil photo, et des moments inoubliables de ce peuple qui a moins
souffert que les cambodgiens certes mais qui est un exemple de courtoisie et de
gentillesse.
Rites Laos
Des
rites très particuliers, mêlant
bouddhisme et animisme, règlent les trois événements qui marquent la vie
d'un laotien. Les laotiens croient à la réincarnation.
La naissance, comme la mort, est un événement très important.
Le nouveau-né est protégé pendant 3 ou 4 semaines par des talismans et un
objet symbolisant le sexe et placé sous sa couche, afin de lui porter
bonheur. Cette période est appelée "You deuane ou You Kam". Généralement, un
mois après la naissance, on organise une cérémonie de soukhouane, appelée "Ork
deuane", sortie de "You deuane".
Le mariage est toujours
célébré autour d'un grand soukhouane et précédé par une sorte de petites
fêtes de préparation qui dure 2 ou 3 jours. Cette préparation est appelée "Oun
dong" et a lieu chez la mariée. La cérémonie de soukhouane se passe
également chez la future mariée. Le futur marié, accompagné de ses parents
et amis, doit parlementer et offrir de cadeaux avant de franchir la porte.
Le futur marié doit également apporter une dot plus ou moins importante
suivant sa situation et la négociation préalable avec la famille de la
future mariée.
Enfin, la mort est un dernier événement important. Pendant
plusieurs jours avant la cérémonie funéraire, la maison mortuaire est
déclarée "maison heureuse" ou " heuane di". Parents et amis
boivent, jouent aux cartes le jour et la nuit, parfois ils chantent et
dansent. Le costume de deuil est de couleur blanche, symbole de pureté. La
toilette funèbre terminée, on revêt le corps de 2 habits, dont le premier,
celui de la mort, à l'envers. Cette dualité symbolise le cycle éternel de la
naissance et de la mort. On introduit, parfois, dans la bouche une pièce
d'or, afin qu'il puisse vivre parmi les esprits.
Itineraire
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