Nouvelle 1.
Le Départ !!!
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Le ministère de la défense me met en retraite le 05 Septembre 1998 et le 05 Novembre de cette même année Equinoxe fait route sur la Tunisie. Le projet est simple, un tour de Méditerranée et je verrai après ce gallot d’entraînement ce que je vaux sur la mer.
Arrivée a Monastir le 09 novembre. Jacques V équipier pour cette traversée repart pour la France et je me retrouve joyeux seul à bord d’Equinoxe. La belle
aventure peu commencer !
L’hiver se passe tranquillement, travaux d’entretien et mise en place d’une radio BLU. Courrant Février la famille vient me rejoindre et nous visitons le sud Tunisien.n.
Début Mai je pars seul a bord pour Malte. Je ne traîne pas sur cette île que je connais bien, et fin Mai je fais route sur Kalamata dans le Peloponese. Ma compagne vient me rejoindre et nous naviguons jusqu'à Neapolis. La route sur l’île de Milo est dure, la mer est levée et le Meltem fort. Nous attendons une accalmie pour rejoindre Santorin.
J'avais découvert cette île quelques années auparavant et je m’étais promis de venir amarrer le voilier sur le mouillage dans la baie Ouest. Le problème est que le mouillage a été supprimé et l’ancre va s’accrocher par 30 m de fond. La visite de l’île fut brève, l’ancre dérapait et à 22 h nous quittons ce mouillage inconfortable et dangereux. A minuit dans la baie de Thirasia je parviens à prendre une bouée de « caïque ».
La route sur Cos passe par Astipalea ou nous trouvons un abri dans la petite baie de Maltezema, le vent monte à 40 nœuds.
Le 14 juin nous sommes dans le port de Cos, ma compagne préfère rentrer en France et je rejoins seul Marmaris en Turquie.
Le séjour sur la terre Turque est très agréable. Les turcs sont accueillants et le pays chargé d’histoire. Ephese, Kusadasi, Bodrum et la belle et magnifique Istanbul avec sa mosquée bleue et Ste Sophie.
Je fais route ensuite en direction de Féthiye. La cote turque offre de nombreux mouillages, tous plus beaux les uns que les autres, au N/W du golfe les bains de Cléopâtre et aussi l’île qui a abrité la flotte de Soliman sur laquelle il y a les coupeurs de sauge.
Déjà fin juillet, je rentre en France pour préparer le stage international de musique d’été que j’organise à La Seyne sur Mer depuis 10 ans. Cette année il se déroule du 16 au 31 Août 1999 et j’ai le sentiment que ce sera le dernier.
Depuis plusieurs années au mois de septembre, avec ma compagne nous faisons un voyage de 3 semaines que je qualifie : aventure découverte.
Nous partons pour Népal Tibet, il durera en fait 5semaines, la aussi j’ai l’intuition que c’est le dernier. Je suis attire vers une vie différente. Je retrouve Equinoxe le vendredi 22 octobre 99 à 01h (donc le 23 !), tout va bien à bord.
Depuis mon arrivée, j’ai un poids énorme qui m’empêche de goûter pleinement ces instants de bonheur. Le lendemain de mon arrivée j’ai téléphoné à Yvonne, et ça ne s’est pas très bien passé. Depuis ce jour je n’ai plus appelé ! Viendra t’elle en Egypte pour le passage en 2000 ? Car avant le départ pour la Turquie j’avais lancé cette idée. Aujourd’hui j’ai retenu le billet d’avion, Izmir Le Caire. Ma fille Karine devrait venir me rejoindre avec Océane début janvier.
Depuis une semaine je me suis mis au travail, j’ai fait les moustiquaires et emménagé le dessous du plancher pour le rangement des bouteilles de vin. J’ai également fait réaliser deux bâches plastifiées, l’une pour protéger l’entrée à la place de la capote qui offre trop de prise au vent et qui se détériorerait pendant l’hiver et l’autre pour protéger les grands hublots et surtout les joints en « sicaflex ».
Le moment de fêter le passage a l’an 2000 est arrive, Yvonne est venu ainsi que ma fille et petite fille, nous sommes à Istanbul et mon cadeau est un voyage pour tous sur l’Egypte,Louksor, Pyramide, Vallée de Rois et Abou Simbel…
La fête est finie, je prépare le départ sur Port Saïd ou sur Asquelon en Israël.
Mardi 25/04/00 Port Saïd. Après trois jours et trois nuits de mer je suis arrive devant Port Saïd à 7 heures du matin. La navigation a été facile, le premier jour avec le départ à 8 heures et un vent de 10 nœuds maxi, et un léger mal de mer que j’attribue surtout à l’angoisse du départ retardé tout d’abord par l’obligation de faire demi-tour à cause du génois coincé et ensuite par la mauvaise météo. Le pilote fonctionne bien mais le passage à la fonction Track ne s'effectue pas. Il me permet de dormir, le deuxième jour le vent forcit un peu et passe à 20 nœuds de 10 h à 21h ce qui me permet de filer 6,5 nœuds de moyenne et d’économiser moteur et gazole. Le troisième jour la mer et très calme et le vent ne dépasse pas 12 nœuds, la nuit est moins paisible que les deux précédentes car il y a des plates-formes pétrolières ainsi que de nombreux cargos. Arrivée à la marina de Port Fouad à 8h, le responsable règle les formalités d'entrée. J’ai amarré l’avant avec deux cordages sur une tonne à 35 m
Le lendemain je vais au Caire, dans le bus une jeune fille de 15 ans environ est venue s’asseoir près de moi. Elle apprenait le français et a profité de l’aubaine qui se présentait pour parler dans cette langue d’adoption. Beaucoup de questions sur ma situation, marié…Et aussi mode de vie, puis vînt la question importante à ses yeux, qu’elle est ta religion ?
_ Je n’ai pas de religion répondis-je.
_ Tu ne crois donc pas renchérit-elle.
_ Mais si je crois mais je n’ai pas besoin de religion pour croire.
Elle n’avait jamais imaginé une telle réponse.
***
Pas d’équipier a l’horizon pour la Mer Rouge !
Je prends la décision de faire route sur Ashkelon en Israël, ici la marina n’est pas très confortable.
La navigation est facile, peu de vent, une houle de 1m à 1,5m d’ouest me fait un peu rouler. Je note que mon GPS a modifié la lettre indice de réception, le « a » minuscule est devenu majuscule ce qui signifie en clair que les américains ne dégradent plus les coordonnées, j’avais entendu à RFI un commentaire à ce sujet il y a quelques jours. J’arrive devant Ashkelon à 6h le dimanche 07 mai. A 2h du matin une vedette israélienne m’a intercepté, sécurité oblige. Dans la marina Jean Christophe et Olga sur Illusion, connu à Port Saïd, sont venus me passer les amarres
Je quitte rapidement la marina d’Ashkelon pour la marina d’Ashdod. Cette dernière n’est pas terminée mais actuellement elle offre tout le confort souhaitable et surtout par rapport à Ashkelon la ville est à 10 mn à pieds. Je profite de ce séjour en Israël pour découvrir Jérusalem, je loue une voiture et je roule jusqu'à Ramallah, traversant des colonies … Un peu fada le Capitaine ! Je descends vers le Sud et découvre Eilat, je me libère de la voiture et je passe en Jordanie pour découvrir la Prestigieuse Petra. Retour sur Eilat et je passe en Egypte pour le monastère Ste Catherine et le Mont Moise, paysage fantastique.
Retour sur le voilier et route sur Chypre ou des amis viennent me rejoindre.
J’ai hésité sur l’heure de départ par rapport à la météo, le baromètre chutait et je ne voulais éviter une arrivée de nuit sur l’île la plus à l’Est de la Méditerranée. Comme toujours il s’est produit exactement ce que je voulais éviter !
Les 10 dernières heures de navigation au largue avec 30 nœuds de vent et arrivée à 2h du matin. J’ai mouillé derrière la digue entre la marina de Larnaka et le port de commerce et 30 mn environ après le mouillage, comme toujours le vent a cessé ! J’ai pu dormir du sommeil du juste.
Je récupère les amis et nous partons a la découverte de cette île moitie Grecque moitie Turque !
Visite du monastère de Kykkos, le plus fameux de l’île. L’iconostase particulièrement resplendissante, la belle histoire d’Isée et de l’image de la Vierge que l’on ne peut voir, je ne dis pas pourquoi, également pourquoi des œufs d’autruche surmontant les encensoirs ? Pourquoi la main desséchée d’un homme de couleur à coté de l’épée d’un espadon ?
Je ne donne pas les réponses, peut être aurez-vous envie d’y aller ?
Nous prenons la mer le 17 pour le Liban et rejoignons Jounieh le 18 à 8h du matin.
Immédiatement nous prenons des bus pour le centre de Beyrouth et louons une Honda toute neuve et nous voilà parti mêlé à la circulation libanaise : oh ! Il y avait un stop : ah bon ! Quelle idée de mettre des stops qui ne servent pas.
Eh ! Nous roulons, (comme tout le monde) sur une autoroute qui n’est pas encore ouverte à la circulation, il y a même des véhicules qui roulent à contre sens : ah bon !
No problème, statistiques officielles en main, il y a moins d’accident qu’en Europe.
Autant vous prévenir tout de suite avant que vous vous en aperceviez j’ai eu un grand coup de cœur pour ce pays.
Le Liban est un pays inondé de lumière, le soleil y brille 300jours par an et les montagnes qui bordent la mer permettent de trouver rapidement la fraîcheur réparatrice.
Ce pays marqué par la guerre récente est en pleine croissance. On peut regretter sur le littoral des constructions anarchiques mais les décideurs en ont pris conscience et le développement et en route.
Notre première promenade nous mène à Byblos où nous pouvons admirer le château des Croisés, la ville antique, sans oublier que Byblos est la ville du mythe d’Osiris rapporté par Plutarque
Le point fort de notre visite du Liban sera sans aucun doute la vallée de la Bekaa avec Baalbek, une des merveilles du monde antique. Les temples dominent la plaine de leurs proportions gigantesques, ils sont l’aboutissement d’un projet impérial qui témoigne de la volonté, de la richesse et de la puissance romaine. L’image inoubliable que l’on a de Baalbek est celle des 6 colonnes de 22m de haut qui restent du péristyle du Grand temple de Jupiter qui surpassait par ses dimensions et sa beauté tous les temples du monde antique gréco-romain et en particulier le Parthénon d’Athènes. Cette visite à Baalbek est pour moi un moment émouvant car en 1943 pendant le mandat français et avant la proclamation de l’indépendance du Liban, mon Père, soldat à cette époque, était basé à Baalbek. Je cherche à faire les mêmes photos en respectant les mêmes angles de prise de vue. A mon retour je comparerais avec l’album qu’il m’a laissait et que j’ai déjà remis à ma fille.
Un aller retour dans le Nord était indispensable. La vie y est moins chère qu’ailleurs et surtout il y a les pâtisseries de Tripoli, celles qui obligent à remplacer les ceintures des pantalons ou des jupes par des élastiques !
Anecdote : « Nous nous installons dans une des plus réputée la pâtisserie "Hallab" rue Riad al-Solh. Pas facile d’avoir une table, nous sommes placés à coté de deux messieurs forts sympathiques et l’un d’eux nous souhaitant la bienvenue me pose quelques questions concernant le but de notre voyage. Je m’empresse de lui expliquer, utilisant mon anglais le plus pur, que nous sommes venues au Liban en voilier et spécialement de Jounieh ici pour déguster les pâtisseries, en particulier le Znoud qui signifie « bras de dame ». Nous passons notre commande et après quelques minutes le serveur dépose à part les Znouds que nous avions commandés toutes sortes de pâtisseries qui ne correspondaient en rien à notre commande. Peu importe, les gourmands ne se posent pas de question et pas de perte de temps en éventuelles réclamations, en avant de la petite cuillère, un grand silence régnait à notre table, le monsieur poseur de question avait disparu sans que nous nous en rendions compte. Et je vous assure, on « racle » le fond des plats, gare à l’élastique ! Puis le moment de payer arrive, le garçon montre les glaces que l’on nous avait portées pour faciliter la digestion et annonce « c’est offert ». Nous patientons et redemandons à nouveau l’addition, même réponse du serveur et nous comprenons qu’il ne montrait pas seulement les glaces. Nous interrogeons la caissière qui souriait et au moment de quitter la somptueuse pâtisserie, notre voisin de table nous serra la main avec un bienvenu au Liban que nous ne sommes pas prés d’oublier. Merci Monsieur Hallab pour votre accueil et votre gentillesse ».
Nous ne voulions pas quitter ce Pays sans aller au sud. Pour rejoindre Tyr il faut traverser Beyrouth qui est revenu à la vie après avoir été le théâtre d’une guerre urbaine retransmise quotidiennement par les télévisions du monde entier. Mais aujourd’hui Beyrouth renaît, revit, Beyrouth est attachante avec ses habitants dynamiques, hospitalier et possédant un potentiel étonnant de survie.e.
Tyr située sur le littoral sud présente un intérêt archéologique certain avec la voie romaine, les termes et le palestre (gymnase), l’hippodrome et le nécropole. Les origines de la ville sont très anciennes. Un fait marquant noté sur le dépliant de l’office du tourisme souligne qu’au Xe siècle avant notre ère sous le règne du fameux Roi Hiram, Tyr aide David puis son fils Salomon à construire le grand Temple de Jérusalem.
Autour de la ville sur le toit des habitations flottent de nombreux drapeaux des différents partis politiques islamistes, quelquefois à coté d’un drapeau Libanais.
Avec regret nous quittons ce pays attachant le dimanche 24/09/00, tout au long de notre séjour nous avons apprécié la gentillesse et l’hospitalité des Libanais.
La route au Nord dirige le voilier vers Tartous en Syrie. Je cherche en vain une marina qui n’existe pas, pourtant le rallie EMYR fait escale dans cette ville ! Bref Equinoxe avec le pavillon jaune hissé tourne en rond, ce qui ne manque pas d’attirer les autorités et nous faisons une entrée remarquée dans le port de commerce encadrée par deux vedettes de la police. Pas de problème mais ils nous proposent les services d’un agent dans le style de l’Egypte pour le canal de suez et pour 4 jours ils nous précisent qu’il n’y a pas besoin de visa, une autorisation suffira. A quoi sert l’agent ? Demandons-nous, à empocher 200$ ! Le chauffeur de taxi qui nous avait déjà repérés pour faire une course jusqu’à la ville, était surpris et déçu, il affirme que la semaine dernière pour un autre voilier c’était gratuit ! Sans discussion nous quittons la Syrie immédiatement pour Chypre
Les vacances se terminent pour ceux qui continuent d’appartenir au monde des productifs, ils rentre en France et je retourne tranquillement en Israël le lundi.
Ma petite fille Océane grandit et commence à se languir de son Pépé et bien sûr la réciproque est de plus en plus évidente et forte, elle me manque d’autant plus qu’elle devient coquine et très jolie, c’est vrai qu’elle est jolie, mais même si elle ne l’était pas, aux yeux de son Pépé elle serait la plus belle du monde comme pour tous les Pépés de la terre.
Bref c’est « Ma » petite fille, ma « Kacalose » et quelque part ça me gène car d’un coup je me sens moins libre, elle me manque ! Et le plus grave : je suis conscient qu’elle va me manquer de plus en plus et cela risque fort de devenir très « emmerdant » pour les futures navigations. Il faut impérativement que je me conditionne, j’ai trop envie de continuer.
Le vide dans le bateau me gène un peu mais l’actualité déchirante me tire vite de cette morosité. Je supporte difficilement de me trouver dans un pays qui répond à des jets de pierre par des balles explosives et qui tire sur des enfants et des ambulances. J’ai la nausée et ne sors sur le quai que pour l’essentiel, je n’ai pas envie de croiser le regard des israéliens. De plus sur 10 croisés sur le quai 2 répondent à mon bonjour ! Aujourd’hui je suis invité sur un voilier israélien (il fait parti des deux qui disent bonjour) pour boire un verre à l’occasion du Yom Kippour, le grand pardon, Tu parles d’un pardon ! ! !
J’ai l’impression qu’ils ne se
souviennent plus du nazisme.
Je suis aller en ville pour faire quelques provisions j’ai vu un drôle de rituel : sur le trottoir un Rabin avait une table avec dessus une ou deux poules, sur la chaise qu’il avait disposée à coté, les gens s’assoyaient, il faisait tourner lentement une poule au-dessus de leur tête en prononçant des phrases en hébreux. Dommage je n’avais pas de caméra ni d’appareil photo.
Lors de l’invitation sur Adrianco (grand bang anglais) pour le repas de midi un samedi jour de shabat. Il y avait un individu qui portait à la ceinture un magnifique Smith § Weston calibre 9mm. Je lui demandais si c’était un briquet ! Non, me répondit-il et il le sort de son étui, enlève le chargeur et me tend l’arme. Je lui demande de bien vouloir vérifier s’il n’y a pas de cartouche engagée dans le canon, il m’ouvre sa main et la cartouche était à l’intérieur. Nous parlons technique et je m’étonne de la possibilité ici d’avoir un port d’armes, et surtout de pouvoir se promener en ville avec l’arme à la ceinture, la réponse et évasive ! Il me décrit les cartouches, certaines sont des balles avec des micros grenailles et d’autres avec des micros couteaux ! ! ! Je ne peux m’empêcher de penser immédiatement à la demande formulée par les Palestiniens pour la création d’une commission pour enquêter sur l’utilisation par l’armée israélienne d’armes interdites par les conventions internationales ! Pour finir je lui précise qu’avec çà les sangliers n’ont qu’a bien se tenir, mais au fait, il n’y en a pas en Israël, le sanglier étant un porc ! Il esquisse un sourire. Je préfère changer de conversation.
Un coup formidable ! J’avais dis au copain anglais Max, qui m’avait invité déjà deux fois à manger, que je mettais une bouteille de rosé au frais pour boire à 16h avec les biscuits. Comme disait Pierre « la saucette » ! A midi trente, je venais de manger une omelette, Max arrive à fond de caisse avec sa bike et il me dit : « Ta bouteille est fraîche ? Ok porte là maintenant j’ai du monde sur le bateau. ».
Immédiatement j’enfourche ma bike et je rejoins Max, personne sur son bateau, il me montre la marmite et me demande de soulever le couvercle, la marmite est vide, plus exactement pleine d’eau chaude. Et il me montre un sceau dans lequel il y avait trois grosses araignées de mer (trois crabes énormes). Un dîner digne d’émir ou de président. Nous avons ingurgité les trois bestioles, je suis arrivé péniblement à me sortir de la sieste à 16h45. Une vie terriblement difficile ! En plus il me dit en avoir loupé deux. Peut être d’ici quelques jours…
Cet exploit me donne goût à la pêche ! Max me ramène de Yafo un filet, je le mets tous les soirs le long du voilier en prenant bien soin de ne pas me faire remarquer car il est interdit de pécher dans la marina, plus exactement de se faire prendre. Résultat, une indigestion de crabes, j’en pèche en moyenne 3 par nuit, la vie d’émir continue.
Ce 27 novembre 2000 est à marquer d’une pierre « grise ! ». En effet, dans le courant de la matinée, alors que je préparais un caillebotis pour caler les jerricans constituant la réserve de gazole, quatre hommes et une femme (en tenue civile) arrivent sur le quai et regardent le voilier. Après quelques minutes, l’un d’entre eux me montre une carte écrite en hébreux en prononçant « custom ».
« Nous y voilà » me dis-je, la douane israélienne qui rapplique. Je réponds qu’il m’est impossible de lire l’hébreux et que la carte peut aussi bien être celle d’un facteur ou d’un marchand de figue et qu’il n’est pas question qu’ils entrent dans le bateau tant que je ne saurais pas exactement qui ‘ils sont ; et vlan ! Prend toi ça dans les mirettes. J’appelle à la V.H.F le responsable de la sécurité de la marina qui parle très bien le français (il est né à Marseille et il n’a pas manqué de venir à bord voir les matchs de foot de la coupe d’Europe, un certain degré d’amitié existe entre nous,du moins je le pensais) la V.H.F reste muette !
Quelques heures plus tard je lui ai demandé pourquoi il ne m’avait pas répondu, « ma radio ne fonctionne pas très bien en ce moment » me dit-il. Lorsqu’on joue j’aime bien jouer jusqu’au bout. Le lendemain matin, je l’appelle à nouveau sur le canal 9 « Gab…, tu me reçois ? Oh ! Il répond. « Ta radio est réparée » lui dis-je ! ! !
Bref, je ferme le voilier, je demande aux « zèbres » de m’attendre, j’enfourche la bike et je fonce chez le directeur de la marina. Il vient immédiatement pour demander ce qu’il en est exactement et surtout pour traduire. Une discussion sérieuse et animée s’ensuit, le manager n’est pas comptant du tout. Je précise que s’il s’agit effectivement de la douane je suis disposé à les laisser monter à bord à condition que je les accompagne ( Il faut faire voir qu’on existe mais comme dit la maxime « faut pas pousser trop loin … »).
Donc ils sont bien douaniers, ce dont je n’avais jamais douté, et ils s’apprêtent à monter à bord lorsque l’un d’entre eux dit « je vais chercher le chien ! », le directeur proteste à nouveau et finalement me demande si j’accepte aussi le clébard.
Je me souviens tout à coup de l’aventure subit par mon ami J. L sur Ga… lors d’un séjour dans un pays méditerranéen que je ne nomme pas, il avait été plus intransigeant que moi et avait catégoriquement refusé de laisser monter les autorités à bord prétextant que son bateau était un territoire français et que de surcroît il les emm… Catastrophe, il a été obligé avec sa tendre épouse de déposer sur le quai tout ce que le voilier contenait ! Et croyais moi un voiler qui fait le tour de la Méditerranée est bien plein !
Intérieurement, j’ai le même sentiment que mon ami, mais compte tenu de la tournure que prend la situation, je m’exclame que le dogue sera le bien venu à bord à condition qu’il rentre ses griffes et que ses propriétaires quittent leurs « godasses » ! (C’est comme çà, je n’aime plier, il faut négocier pour se faire respecter, et en ce qui concerne les négociations, les israéliens ne sont pas très doués, c’est le moins que l’on puisse dire, à moins qu’ils soient très forts car ils ne donnent jamais rien).
C’est un gentil bâtard, mais parait-il, redoutable pour l’héroïne. Le voilà qu’il snife partout. A ce moment là je pense à l’ancien propriétaire du bateau qui aurait pu oublier quelques grammes de saleté.
Tout ce que Médor à reniflé ce sont les crabes dans la marmite !
Ils s’en vont avec de grands « salhemmalec ».
Par contre, résultat de cette affaire, le responsable de la marina remarque un fin cordage qui pend du quai et plonge dans l’eau, Il tire dessus et voit le filet qui est sous le bateau ! On cherche de la drogue et on découvre un pécheur illégal !
Je quitte le voilier le 01/12 avec Max pour Tel-Aviv. Nous passons une agréable
soirée avec Bella et quelques amis après avoir acheté une caisse de goyaves pour
emporter en France. Le lendemain je prends le bus pour l’aéroport, mon avion
part à 0h45, donc le 03.
Le séjour à terre se passe bien avec un Jour de l’An au Maroc et deux semaines à skier sur une neige excellente.
Au Maroc nous avons eu la chance de croiser le Paris Dakar, nous avons pu
mesurer combien certaines étapes étaient difficiles et soumettaient matériel et
pilotes à rude épreuve. Ils sont tous équipés de GPS comme Equinoxe ! Nous avons
voulu faire notre propre expérience dans les dunes de Merzouga, résultat :
Yvonne a laissé ses ongles dans le sable, le 4X4 Suzuki a laissé ses deux
amortisseurs avant avec les ongles et le soleil se couchait lorsque Yvonne au
volant de la guimbarde, poussée par le skipper d’Equinoxe, parvenait à coups
d’accélérateur bien dosés à sortir ce tas de fer japonais d’une situation que je
considérais déjà comme irréversible.
Je profite de cette visite en France pour prendre du matériel, installer une radio BLU chez ma fille, m’assurer que les deux équipiers ne me feront pas faux bon et me voila prêt au retour sur le voilier.
Ce départ de France n’est pas comme les autres, la route qui m’attends sera longue et difficile, l’Océan Indien est un gros morceau, le golfe d’Aden avec sa réputation de piratage n’est pas triste et la Mer Rouge pas facile non plus !
Yvonne est très tendue, à peine si elle m’a dit au revoir, quant à Karine elle est angoissée, heureusement que l’émetteur récepteur BLU que je lui ai installé la rassure pour avoir des nouvelles fréquemment et les transmettre aux épouses des équipiers qui elles aussi, sont très inquiètes.
Mais enfin il faut considérer que beaucoup d’autres l’ont fait avant moi et si c’est une formidable aventure, ce n’est tout de même pas l’exploit du siècle. Comme disait un ami « d’un poil on ne va pas en faire une brosse ! ».
Donc me voici à l’aéroport de Tel-Aviv, Patricia et Alain m’attendent avec une
Pigeot 305 de 15 ans d’âge prêtée par Aaron et Mira pour la circonstance.
D’abord ils ne me reconnaissent pas ! ! ! Evidemment Yvonne m’a fait, sur ma
demande, une coupe de cheveux qui va me permettre d’économiser le coiffeur ou de
limiter les risques que représente un coiffeur dans certain pays, pour plusieurs
mois !
Alain est ravi car son ordinateur est dans mes bagages et pas de problème avec
la douane. J’ai attendu qu’un israélien avec des valises énormes passe, ça n’a
pas loupé, la police l’arrête pour la fouille et me voilà dans le hall des
arrivées.
Equinoxe n’a pas bougé mais il est très sale. Première constatation, le chargeur de batterie ne charge pas. Heureusement les panneaux solaires ont maintenu une batterie à bloc ce qui me permet d’enclencher le réfrigérateur. . Le pastis sera frais ! Car, il ne faut l’ébruiter, mais j’ai apporté un précieux liquide mis dans des flacons de pharmacie, qui permettra de fabriquer 50 litres du fameux breuvage méridional. Ici à Ashdod, l’alcool est en vente libre, en avant les tournées générales.
Le lendemain premier contact radio avec Karine, formidable, nous allons pouvoir nous parler tous les jours ou presque en fonction de la propagation. Je démonte le chargeur, mauvaise surprise, de l’eau de pluie ( il pleut de temps en temps en Israël) s’est infiltrée par le haut-parleur du cockpit. Les gouttes ont visé juste, pile sur le circuit imprimé qui a fabriqué une jolie quantité de sulfate de cuivre. Malgré mes efforts, rien à faire. Un plaisancier israélien me prête un chargeur et me propose de réparer le circuit en pontant les éléments défectueux : « ne vous inquiétez pas, je suis électronicien, j’ai fait mes études au Maroc ». Cher ami lecteur je vois un sourire s’esquisser sur vos lèvres : il était électronicien et il a réussi à prolonger la vie du chargeur et « toc ! ». Ma formation de technicien de la Marine Française, cette fois il est strictement interdit de sourire, m’oblige d’une part à éliminer la cause et d’autre part à mettre en place une protection au cas ou ! J’ai découpé un plat en inox récupéré sur le quai qui désormais fera office de déflecteur au-dessus du chargeur.
Mon travail continue au rythme normal imposait par la vie à bord, pas trop vite mais il faut essayer de faire ce qui est important. Je modifie le branchement des informations provenant du GPS pour le pilote automatique (matériel neuf !). Ce dernier refuse catégoriquement d’enclencher la fonction « track » (conduire le voilier sur un point de route en intégrant les dérives dues au vent et courant). Les fournisseurs du GPS et du pilote, Shipmate et Autohelm, jouaient au ping-pong se renvoyant la responsabilité de la panne de l’un à l’autre. Nous savons tous, dans ces cas là à qui revient le rôle de balle ou de poire. Heureusement les plaisanciers échangent, commentent leurs misères et informations et l’ami Georges m’a dit qu’il tenait de quelqu’un auquel un navigateur confirmé avait communiqué l’information, que lui-même tenait d’un tourdumondiste, lequel avait recueilli le tuyau dans un bistrot de Saïgon : la serveuse revenant d’un voyage en France, précisément de Hyères, (le monde est petit) avait surpris dans une conversation chuchotée entre deux grands navigateurs qui n’avaient jamais navigué au-delà de Porquerolles mais qui avaient le même problème, une éventuelle solution. Elle savait, la friponne, qu’il fallait peut être ! ! ! brancher le câble sur le pupitre de commande du pilote et non pas sur le calculateur.
Suite à la prochaine navigation ; je ne manquerai pas de vous tenir informé. Nous pourrons ainsi répondre à la question : « peut-on faire confiance à une serveuse d’un bar de Saïgon et revenant du Var ? ».
J’ai ensuite, prenant garde de ne pas travailler le 1er mai ce qui est aussi important que de s’abstenir de déglutir de la viande le Vendredi Saint, installé les marches dans le mât pour que les équipiers accèdent facilement à la première flèche, pour interpréter avec grâce le rôle de vigie. Vous conviendrez que le personnage de guetteur ne sied pas au Pacha du bord !
Je fais allusion au Vendredi Saint appartenant à la religion Chrétienne, car ici en Israël des jours comme cela il y en a un certain nombre ! Une fois Moïse est parti, ensuite il est revenu, par moment il ne savait plus très bien ou il fallait aller… Bref Pâque Chrétien correspond avec « Pessah » qui est la Pâque juive signifiant passage. Fête annuelle juive qui commémore la sortie d'Égypte du peuple hébreu, sa libération et l'annonce de sa rédemption messianique. Dixit Larousse. La Pâque juive évoque le « passage » de Yahvé au-dessus des maisons des enfants d'Israël, qu'il voulait épargner alors qu'étaient frappés les premiers-nés des familles égyptiennes. Elle débute le quinzième jour du mois de nisan et se poursuit durant une semaine. À la période du Temple de Jérusalem, le rite essentiel était le sacrifice de l'agneau Pascal la veille du 14 nisan. Depuis la destruction du Temple, les deux premières veilles de la fête sont marquées par une cérémonie familiale autour d'un plateau de mets symboliques, notamment de pains non levés (azymes).
Le symbole du pain non levé est également expliqué de la façon suivante : dans sa précipitation lors de sa sortie d’Egypte le peuple hébreu ne laissa pas au pain le temps de lever.
Pour mémoire, le sacrifice de l’agneau est aussi symbolisé par Abraham qui devait immoler son fils Isaac à la demande de Yahvé.
Bon j’arrête de jouer le Rabin, tout ça pour dire que pendant toute la semaine qui a suivi mon arrivée je n’ai pas eu de pain levé. (Certains tricheurs, pas très respectueux de la religion ont pris soin de congeler des baguettes !) Cette restriction s’est terminé un soir après l’apparition des trois premières étoiles et il y avait une file d’attente interminable devant les boulangeries.