Nouvelle 12.

    Le dimanche 01 juin 2003, déjà 1 an Equinoxe se mettait à quai à la marina Sébana Coves à la pointe sud de la Malaisie Proche de Singapour.

    Je n’ai pas mené depuis cette date une vie d'anachorète reclus dans mon voilier en guise d’ermitage. J’ai simplement eu la paresse d’écrire, remettant toujours au lendemain. Mais la suite montre que nous avons navigué et voyagé avec comme toujours des événements, avatars et mésaventures qui font hurler le Capitaine.

    Du dimanche 01.06.03 au 14.07.03 vie paisible à Sébana Coves.

    Le mardi 15 juillet départ de Sébana avec Avy pour rejoindre Tioman où nous avons retrouvé plusieurs voiliers de la marina. Ensuite mouillages à Monkey Bay, où les coraux sont presque aussi beaux que ceux de la Mer Rouge et à Sélang, cette baie est agréable mais il faut prendre le mooring d’un pêcheur car les fonds sont de 25 à 30m.

    Provisions de vivre et boissons alcoolisées, ici c’est hors taxes, et route sur les îles Pérhentian plus au Nord.

    Arrivée prévue vers 23 heures apres 2 jours  de mer, les deux dernières heures sont pénibles, de nombreux chalutiers vont et viennent dans tous les sens et des cailloux qu’aucun phare ne signalent attentent leur proie. Nous arrivons entre les deux îles principales et je cherche le mouillage le moins profond possible et vlan un bruit bizarre et plus rien, moteur bloqué.

    Je libère le dinghy amarré sur l’arrière d’Equinoxe et inspecte !!! Je regarde Avy et lui lance : « On peu dormir tranquille on est bien amarré, même un cyclone ne nous délogerait pas. » Une bouée rouge énorme est coincée sous la jupe du voilier. J’essaie en vain de la dégager, en la faisant tourner sur elle même, je distingue une inscription, Avy me passe une lampe, je lis « POLICE », on est piégé sur l’amarrage du bateau de la police maritime Malaise. Je décide de dormir et avant le lever du jour je plonge avec la bouteille et armé de la scie égoïne.

    Avant que les premières lueurs du jour n’éclairent le lieu nous décampons, ils seraient capable de nous faire payer le cordage que je viens de scier.

    Nous allons mouiller plus loin devant une plage où déjà plusieurs voiliers se dandinent paisiblement et attendons l’arrivée d’un voilier qui fait route avec nous jusqu’à Ko Samui île Thaïlandaise dans le golfe de Siam.

    La deuxième nuit dans cette baie va être moins paisible pour Equinoxe et son équipage réduit à Avy et moi même. A 05 heure, un pêcheur qui ne devait pas respecter sa religion, il était certainement « bourré comme un coin » vient percuter l’avant d’Equinoxe au niveau de la cabine où nous dormons. Frayeur difficile à décrire, on sort sur le pont et évidemment il détale à toute vitesse. Je vous épargne la description de l’état du Capitaine et des commentaires qui ont accompagnés le pêcheur dans sa fuite.

    Dés que le jour pointe j’évalue les dégâts ; rail de fargue enfoncé et pont soulevé, plissé et fendu sur 2 mètres. Il est impératif d’étancher pour que les vagues ne viennent inonder la cabine. Je possède à bord de la résine polyester ainsi que du mat de verre et à midi la réparation et terminée.

    La bouée de la police et le pêcheur ça fait deux !!! Attention au proverbe…

    Départ le 29 juillet pour Ko Tao, mouillage dans 16m, très beau, l’île est plus belle que Ko Samui. Paysage magnifique avec des chalets accrochés sur les pentes abruptes, une eau limpides qui permet de voir les coraux et les poissons multicolores nous offrent un ballet aquatiques improvisé.

    Le 30.07.03 départ 5h30. Le Gps ne fonctionne plus il refait son almanach. Je saute sur l’occasion : c’est ça le troisième et je crie a Avy ok on est tranquille ça fait 3, elle me regarde sans comprendre. Les cambodgiens sont très superstitieux mais le jamais deux sans trois leur est inconnu.

    Le jeudi 31 nous entrons dans la rivière de Phatra entre les villes Thaïlandaises de Pran Buri et Hua Hin.

    Ce lieu ne mérite pas le nom de marina, les pêcheurs viennent réparer et remettre en ordre les chalutiers et n’hésitent pas à déverser les huiles de vidange dans le port, ajoutons à cela les poissons crevés qui circulent entre les bateaux au gré des courants de marrée, nous regrettons d’être venu jusqu’ici.

    Un point positif, le voilier est en sécurité ce qui nous permet, avec le couple australien du voilier qui nous a rejoint de prendre le bus pour Bangkok. Nous nous arrêtons à Samut Shacon, ville situé entre Hua Hin et Bangkok pour accomplir les formalités d’immigration et douanes qui nous permettrons de passer la frontière pour le cambodge.

    Et j’ai pu me rendre compte que le numéro 3 au sujet de la superstition ce n’était pas le GPS !

    Taquineries administratives.

    La Thaïlande détient le pompon, elle baigne de bon cœur dans la catégorie que j’ai qualifiée « imbécillité suprême », vraiment on ne peut pas faire mieux même en le faisant exprès.

    Me voici à Samut Chakhon au sud de Bangkok dans le bureau de l’immigration.

    Bonjour Môsieu, j’ai fait, venant de Malaisie mon entrée à Koh Samui. Mon voilier est actuellement à Phatra Marina (port de pêche plein de gazole avec pour le même prix des odeurs inqualifiables) et vous êtes, sur ma route Bangkok Phnom Penh, le bureau d’immigration le plus proche donc je souhaite faire les démarches pour quitter la Thaïlande en laissant le voilier sur votre territoire. C’est à dire, tout simplement faire un déposit de 20000bath et faire une réduction addition sur les listes Crew member et Passenger du voilier.(En Thailande on ne peut pas laisser le voilier seul sur le territoire sans faire des demarches particulieres.)

    Il me regarde avec des yeux mornes, blasés pensant intérieurement « pourquoi es tu venu faire ça ici ? ».

    Je lui tends mes documents et ses yeux deviennent vifs, il a découvert une faille pour me diriger ailleurs. Regardez me dit-il à Koh Samui l’immigration à noté le bureau de Prachuap Kiri Khan à 80 km au sud de votre Marina. Ok mais tout est écrit en Thaï et je ne lis pas votre langue. De plus je viens de vous dire que je vais à Bangkok ; de la marina je ne vais pas aller d’abord vers le sud pour ensuite me diriger vers le nord.

    Lorsqu’on recule on n’avance pas !

    Ils sont, je suis objectif, dans ce bureau vraiment sympa, il m’offre un verre d’eau, sa collègue vêtu de blanc avec de beaux galons dorés m’invite à partager son repas, avec tout ça il me font peut être comprendre que ça va être long.

Il me dit : «  ok on va essayer d’arranger ça, je vais téléphoner à l’immigration de Prachuap Kiri Khan et demander l’autorisation de traiter votre cas ici à leur place. »

    Mais vous êtes un bureau d’immigration !!!

    Après le long ,très long coup de fil, il m’assure que tout va bien, il traite mon cas. Ouf, me dis-je !

Et bien pas ouf du tout !!!

    _Allez faire votre déposit et revenez avec le certificat du dépôt.

    _Ok, quelle banque me conseillez vous ?

    _N’importe laquelle, no problem !

    Je fais les banques de Samut Chakhon les unes après les autres, aucune ne veut prendre mon argent en dépôt, ils n’ont jamais fait une telle opération. Heureusement j’avais dans mon dossier, une copie d’un déposit fait à Phuket à la Siam City Bank.

Je me précipite à la succursale Siam City Bank de cette charmante ville et demande à faire mon déposit pour l’immigration. Immédiatement le staff appèle la chef.

_ No possible Sir, I don’t know.

    Je lui pose sur son bureau la photocopie du déposit de Phuket, c’est vrai que ma main en déposant le papier à claquée un peu fort. La chef saisie l’inestimable document, ses yeux me disent : «  qu’est ce qui m’arrive je ne m’en sortirai pas. »

    C’était ma dernière chance : je pense très fort : « Tu fais le document ou je  ! »

_ Téléphonez à Phuket. Le ton ne lui a pas permis de réfléchir.

    Sa main saisi le mobilphone en tremblant.

    A 14 heures je me dirige enfin vers l’immigration avec mon papier qui attestait que je venais d’enrichir le gouvernement et la royauté Thaï de 3500 FF.

    _« Attention » me dis l’officier, «  je vous marque la sortie de Thaïlande limite pour le 9, si vous avez un empêchement venez vite me voir et je corrige, sinon vous perdrez votre argent »

_Ca ira, nous sommes le 4, demain à Bangkok je fais le visa pour le Cambodge et direction La frontière, nous y serons avant le 9.

    Me voici à Aranyaprathet. Cette ville est séparée de Poïpet, ville cambodgienne par environ 800 m représentant la zone franche entre les deux pays. Sur cette zone je vois enfin terminé le luxueux Casino, en Thaïlande on a pas le droit de jouer de l’argent donc les Thaïs sortent de leur pays sans entrer dans un autre. Ce procédé subtil a été aussi employé a Jéricho pour permettre aux israéliens de jouer ce qu’ils ont de plus cher : l’argent ! Car uniquement pour le jeux il reconnaissent que Jéricho n’est pas Israël ?

    Avy passe dans son pays et je me présente à l’officier d’immigration.

    _STOP vous ne pouvez sortir que le 9 et nous sommes le 6 et qu’est ce c’est que ce papier agrafé sur votre passeport ? Où est la feuille bleue d’entrée en Thaïlande.

    P… voilà que sa continue ! j’explique : le voilier, le déposit, de capitaine je passe équipier pour pouvoir sortir de Thaï. Cet âne boudiné, comme le sont tous les policiers en Thaïlande, dans sa chemise trop étroite ne comprends rien et continue d’affirmer que je ne peux pas quitter son pays que je commence vraiment à haïr même si j’ai eu de nombreux bons moments…

    Je suis devant le chef, lui ne dit rien pour être sûr de ne pas se tromper. Il est perplexe, le chef, car il est chef et un chef ne doit pas faire d’erreur.

_    Vous avez un bateau ? Montrez moi les papiers du bateau.

            _Il sont en français !!!

  _Ok mais je ne sais pas de quoi il s’agit donc je téléphone à l’immigration générale de Bangkok.

    Me voilà rassuré, pensais-je.

    A Bangkok il a eu à faire à un acolyte intelligent qui lui a parlé pendant environ 25 mn. J’étais de moins en moins rassuré et j’avais raison, après ce coup de fil le visage du chef ne s’était toujours pas éclairé, pour laisser deviner une possible solution.

    Je m’appliquais à respirer lentement et profondément en me murmurant intérieurement «  soit cool capitaine d’Equinoxe.. Ce qui peut se traduire par : « soit moins c.. que lui ».

    Tout à coup le Capitaine reprenant force et vigueur lui suggère de téléphoner à ses compères qui ont agrafé le papier cabalistique sur mon passeport, j’ai nommé l’immigration de Samut Chakon.

45 mn de communication, le bus chargé de tous ses occupants pour se diriger vers Siem Reap et Angkor attendait le Capitaine devenu passager pour pouvoir quitter la Thaï.

    Le visage du chef s’illumine, ça y est il sait ! Il me dit « suivez moi et assaillez vous » il se dirige vers son sous fifre et tente de lui expliquer, l’autre ne comprend rien et ne démord pas, il ne sortira que le 9. Heureusement le chef ne voulant pas perdre la face affirma sa qualité en lui intiment l’ordre de tamponner mon passeport.

                                                                            

 

    Je ne sais quel qualificatif employer pour le sous fifre lorsqu’il est venu me remettre mon passeport tamponné en me disant en souriant « le papier, soyez tranquille je n’oublierai pas de l’envoyer a l’immigration de Samut Chacon afin que vous puissiez récupérer votre déposit.

    Nous sommes enfin au Cambodge et l’aventure continue. Le pont en ferraille construit par les français il y a déjà un certain temps, limité à 16 tonnes supporte régulièrement les surcharges avec des camions remorques de 30 tonnes. Une poutrelle a cédé, pas d’inquiétude ils réparent mais les horaires imposent d’arriver à Siem Reap vers 20h et on a perdu beaucoup de temps avec le Capitaine à la frontière.

    La décision est prise on passera en pirogue avec les bagages. 3 personnes par pirogues pour éviter la surcharge de la frêle embarcation. Un autre bus nous attend de l’autre coté du pont.

    Après une nuit douce, je prends un petit déjeuner du pays et je demande au responsable de l’hôtel de me fournir comme d’habitude une moto.

    « Pas possible » me dit–il, il y a 3 mois lors du tournage du film de JJ Anaud, « Les deux frères », les français ont provoqué des accidents de moto, la municipalité et la police ont interdit la conduite de ces engins aux étrangers sauf si ces derniers sont propriétaires de la moto, à la grande joie des taxi moto et à la colère des loueurs. Donc si je veux conduire une pétrolette il faut que je l’achète et je deviens de ce fait moins dangereux que si je suis loueur !!!

    Libertad !

    _Ok je loue une voiture.

    _Oui mais avec chauffeur car ici il faut le permis cambodgien, le permis international n’est pas reconnu.

    Ne vous inquiétez pas me dit l’ami hôtelier, je vous emmène gratos en ville et viendrais vous rechercher.

    Pour faire plaisir à Avy je me dirige vers la boutique « téléphone » pour prendre une carte cambodgienne pour mon mobile.

    _ Pas possible ceci est réservé aux cambodgiens.

    Libertad !

    _Ok madame, et je lui tends le passeport d’Avy, je prends la carte sur le nom de ma femme cambodgienne.

    _Un passeport ça ne vaut rien il faut sa carte d’identité.

    Cette fois le Capitaine explose et insulte le gouvernement ancien et nouvellement élu (ce sont les même guignols) ainsi que la bourrique qui devrait repiquer le riz au lieu de vendre des téléphones.

    Les vacances se passent admirablement bien à la campagne où je suis comme toujours accueilli à bras ouverts et dans la famille à Phnom Penh. Nous faisons découvrir au couple australien qui nous accompagne les différentes facettes de ce pays énigmatique et fabuleux.

    Le moment du retour sur Bangkok approche et je fais faire un visa à l’ambassade de Thaïlande à Phnom Penh pour Avy et sa sœur Chenda qui vient avec nous, miracle je ne sais pourquoi mais ils font des visa de 3mois.

 

Fin du miracle, à la frontière, ils n’accordent que 2 mois et 30 jours pour moi.

Pendant le court séjour à Bangkok durant le retour je fonce à l’immigration générale pour demander pourquoi l’ambassade donne 3 mois et à la frontière on annule 1 mois. Réponse :

« Je ne sais pas, vous savez les ambassades font quelquefois ce qu’elle veulent…

_Est il impératif, pour obtenir un visa Thaï pour des cambodgiens d’aller faire la demande à l’ambassade Thaï de son pays d’origine ?

    _Bien sûr affirme l’officier d’immigration. »

    Je tiens enfin ma vengeance, je vais le faire passer pour un âne. Avec un large sourire je tourne les pages du passeport cambodgien d’Avy et lui montre le visa double entrées avec inscrit en rouge {Fait à Paris ambassade de Thaïlande}.

    « Ca alors je ne comprends pas, ils font vraiment ce qu’ils veulent … »

    Nous retrouvons Equinoxe. Je naviguerai en étant passager pour pouvoir ressortir du pays encore une fois et ensuite je quitterai la Thaïlande, car même si j’ai eu de bons moments, la coupe est pleine. Si je retourne en Thaï avec le voilier ce sera incognito en navigant entre les îles pour ne plus fréquenter les bureaux d’immigrations.

    Ma compagnie d’assurance ne s’est pas trop fait tirer l’oreille, juste ce qu’il faut pour la forme et la réparation est correctement réalisée par les artisans Thaï de Pran Buri, Equinoxe est de nouveau au top.

    Avy et Chenda retournent à Phnom Phen pour suivre un stage d’informatique, une cousine vient me rejoindre à bord car Avy ne veut pas que je navigue seul pour rejoindre le Sud de la Malaisie avec la mousson de Nord-Est qui commence.

P    eu de commentaires sur ce retour. Simplement « difficile, très difficile » :

Par le travers de la mer de Chine entre Vietnam et Bornéo nous ramassons la fin d’un cyclone qui a sévit au Nord des Philippines, mer et vent aussi forts, et je pense plus que dans l’Océan Indien au Nord de Socotra.

La deuxième tempête se situe sous la casquette, si j’ose dire, du Capitaine. La cousine lorsqu’elle n’est pas en proie au mal de mer est belle, très belle, mais pourquoi Avy a envoyé sur Equinoxe une nymphe, j’aurai préféré une boiteuse avec un bec de perroquet. Bien sûr, intouchable la cousine, et vous connaissez Le Pacha d’Equinoxe… Ce dernier s’esclaffe du bon tour jouer à son Capitaine. Je ne suis pas du genre a apprécier le supplice de « Tantale » ou comme Ulysse de me faire attacher au mât : qui m’attacherait ? Donc je subis et voilà !

    Après 4jours et nuits de navigation, nous arrivons à Tioman où bien évidemment le plein est fait de bière et autres produits détaxés. Le mouillage est inconfortable, la houle entre dans la baie, le lendemain route sur Sébana marina.

    Je retrouve la Malaisie que je connais bien. Ce pays avec 65 % de sa population de religion musulmane est un pays de liberté.

    Jugez plutôt : pas besoin de visa.. Ils accordent à la frontière 3 mois pour un européen et 2 mois pour les cambodgiens. Et surtout si je quitte le pays en laissant le voilier dans une marina malaise, pas besoin de déposit !!!

    Nous remettons le voilier en ordre et la cousine souhaite rejoindre Phnom Penh rapidement, ok je partage cet avis !

    Le 10 décembre je l’accompagne en bus à Kuala Lumpur car elle ne parle pas anglais, et elle prend l’avion direction la capitale du Cambodge.

    Je reste 3 jours dans la mégapole Kuala Lumpur avec la visite des « Twin Tower Pétronas » qui s’élèvent fièrement détenant le record du Building le plus haut du monde.

    Je me dirige sur Phuket en touriste, formalités d’immigration facile, et je retrouve mes copains pour passer avec leurs familles le réveillon de Noël. Un bonjour aux amis de « Nâ-Maka-o-Kaha’i » amarré à Boat Lagoon marina à bord duquel je déguste une excellente fondue Suisse abondamment accompagné de kirsch.

    Je quitte Phuket et route sur le Cambodge pour retrouver mon épouse Avy.

    Nous fêtons en famille les jours de l’an européen et chinois qui se déroulent à quelques jours d’intervalles cette année.

    La famille Phnom Penh pour cette occasion a organisée une grande fête dans l’appartement avec de nombreux moines qui officient pour accomplir ce rituel compliqué.

 

L’appartement est transformé en Temple Bouddhiste. Le veille de ce jour, important pour les Bouddhistes d’origine chinoise et également pour tous les Bouddhistes du monde, tous les membres de la famille petits et grands travaillent pour décorer l’appartement et cuisiner les plats qui seront en majeure partie offerts aux moines. C’est ainsi que lors du grand jour j’ai vu passer devant mon nez, en direction du monastère, tous les meilleurs morceaux.

 

L’espace d’un éclair l’idée m’est venu d’être réincarné, pour quelques heures, en chien et pouvoir suivre les mets délicieux, mais aucun moine présent ne pratiquait la magie telle qu’on peut la rencontrer dans les monastères Tibétains. Et mon degrés actuel de méditation mystique ne me permet pas encore d’atteindre de telle transmutation.

Durant les quatre jours de fêtes Avy et Chenda m’accompagnent à Kompong Som ville du bord de mers où nous continuons la fête. Nous profitons de ce séjour pour partir à la recherche d’un terrain avec maison à rénover et agrandir. Je ne suis pas encore sur le point de poser le sac comme disent les marins, je n’y pense même pas, mais un petit bungalow avec de temps en temps, entre deux navigations, Equinoxe mouillé devant, je pense que la vie serait agréable dans ce Cambodge que j’aime et qui deviens mon pays d’adoption.

    Retour sur Phnom Penh, et pour remercier la Tante d’Avy que nous appelons affectueusement Mama (elle n’est pas marié) j’achète un réfrigérateur. Peu de logis en possède et lorsque nous le hissons par le balcon des regards envieux nous observent. Désormais plus besoin d’acheter de la glace et je me convertis en pâtissier glacier pour le bonheur des enfants de la maison.

    Dés le lendemain en revenant du marché j’ai un doute quant au bon fonctionnement du faiseur de froid, la glace et en eau et il fonctionne ? On apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces dit le proverbe. Je ne bouge pas de l’appartement de quelques heures et je contrôle le freezer, la glace et dure, compris !!! Chaque fois que je quitte la maison la Mama débranche l’engin pour économiser l’électricité. J’explique qu’il consommera peu dés qu’il aura atteint sa température de fonctionnement normal.

    Le 28 janvier je pars pour Johor Bahru, ville malaise séparée de Singapour par un pont.

    Le 29 je retrouve Equinoxe.

    Sébana marina est un paradis, plus exactement non pas celui de la béatitude mais de la tranquillité. Jugé plutôt, sur le quai où est amarré Equinoxe, 14 voiliers et 5 personnes. Deux fois par semaines un mini bus va au village et chacun peut faire ses achats pendant deux heures environ. Ceci ne me convenant pas du tout j’ai solutionné et pris une option sur la liberté en achetant une moto car en Malaisie dans les villages il n'y a pas de loueurs. Une parenthèse, La Malaisie est le seul pays d’Asie où l’on peut devenir propriétaire, véhicule, maison, terrain etc.

    J’ai ainsi pu découvrir l’arrière pays, villes et villages environnants. Etant le seul européen à flâner dans la région je suis toujours très bien accueilli.

    Etant persuadé que la vie dans les marinas transforment les marins en pantouflars, j’ai décidé de partir sur l’île de Tioman et reprendre la vie des mouillages dans les baies et criques.

    Bien avant mon départ fixé au 15 avril et pas question de reculer la date, deux propriétaires de voiliers l’un Américain et l’autre Australien cramponnés à la marina depuis des lustres, profitant de la piscine, de l’excellente cuisine du chef du restaurant venaient de décider de partir le 10 avril. Pendant une semaine le soir à bord il y avait la séance de photos au cours de laquelle toutes les connaissances venaient dire « au revoir !!! »

 

    Le 15 avril 2004 à 06h45, je quitte seul à bord la marina de Sébana pour l’île de Tioman et ils étaient toujours là. Ma critique est sympathique et appuie mon raisonnement sur les marinas, mais j’adhère aussi à cette facilité de vivre à quai.

    Voilà que l’histoire se perpétue, il est 23h je suis à une heure de l’arrivée et l’hélice prend une canne de signalisation de filet de pêche et son cordage … Je plonge et à tâtons je coupe et libère en partie l’hélice.

    J’enroule autour du presse étoupe des chiffons mouillées car le cordage qui reste enroulé autour de l’arbre peut empêcher l’eau d’aller le refroidir. Je me dirige sur le mouillage à faible vitesse et il est 03h du matin quand je suis prêt à jeter l’ancre.

    Plusieurs mouillage autour de Tioman me redonne goût à cette façon de vivre.

    Pour la première fois depuis mon départ de France je ne suis pas en forme, un matin des vertiges m’ont pratiquement retenu au lit et des bourdonnements d’oreilles me faisaient croire à l’arrivée de bateaux de pêche sur le mouillage.

    J’ai donc décidé de rentrer au bercail après seulement 12 jours de solitude autour de l’île.

    Sur le retour j‘ai aperçu des dauphins blancs.

    Le 26 j’amarre Equinoxe au quai et je vois le docteur : 13 et 10 de tension, le 13 ok mais le 10 trop haut me dit-il, et vous avez un peu de fièvre. Et vlan 4 jours d’antibiotique plus des comprimés pour faire baisser le 10 sans toucher au 13, ils sont vraiment fortichent !

Il est prévu que je sois au Cambodge pour le 16 mai, j’irai voir le tonton d’Avy, docteur, qui a fait ses études en France et exerce à l’hôpital Calmette de Phnom Penh pour qu’il m’hospitalise 2 ou 3 jours ( pas plus je connais l’hôpital Calmette, il ressemble mais en plus moderne tout de même à la clinique de Djibouti !). A moins que je pousse une pointe jusqu’en France si j’obtiens le visa pour Avy. Déjà 15 mois depuis mon dernier séjour dans le pays qui ne représente désormais que le 1/25ème de l’Europe.

Emilien.                                             Clic Suite          Retour Sommaire