Je réceptionne mes deux amis Jacques à l’aéroport du Caire et nous prenons le bus pour Port-Saïd. Ils découvrent cette ville étape entre Méditerranée et Mer rouge. Jacques H ne perd pas de temps, dés le lendemain il est en haut du mât pour enlever une antenne filaire que je n’utilise plus ayant maintenant l’antenne fouet Shakespeare et procède à la vérification du gréement
Jacques V fait l’inventaire des provisions du bord et dresse la liste pour effectuer l’avitaillement nécessaire à la traversée du canal de Suez et du golfe, sachant que tout au long de la Mer rouge nous pourrons ravitailler.
Je négocie la traversée avec Félix pour 363$ et 149 LE. Le 22 juin nous quittons Port-Saïd à 10h, direction Ismalia que nous atteignons à 17h. La marina est splendide, toute neuve, pour 7$ la nuit eau et électricité inclus. (Possibilité d’acheter de la bière au Sweet Center Pepsi Olery, 49 Armin Train). Equinoxe est seul sur le quai et bien amarré, nous décidons d’aller en bus au Caire. Mes amis Jacques ne connaissent pas ces lieux merveilleux.

Une des plus brillantes civilisation du monde. A chaque instant les temples, colonnes, sculptures rappellent le passé prestigieux, sans compter les 250 pharaons dont Khéops, RamsèsII, Toutankhamon, et les figures illustres Alexandre Le Grand, Cléopâtre…
La traversée de la seconde partie du canal se déroule sans problème avec un fort courant contraire. Je refuse d’augmenter le régime du moteur ce qui oblige le pilote à accepter l’envoie du génois car le vent est favorable. Nous arrivons le 25 au mouillage devant Suez à 17h.
Téléphone en France et j’apprends le décès de mon ami Henry (Ritou) qui souhaitait tant suivre mon voyage.
Nous ne perdons pas de temps, le lendemain sous génois seul avec un vent arrière de 25 knts nous nous dirigeons vers la marsa Matama 29°26.3N, 32°45.7 E.
La 2ème marsa, Zanina nous offre un mouillage sur coffre.
Le 28 en direction de marsa Tor, Jacques H pêche la première bonite et le lendemain pour sortir la 2ème, la gaffe se prend dans les pales de l’éolienne qui se trouvent raccourcis de 30 cm. Décision et prise de faire route sur Sharm-El-Sheik. Par radio j’ai pu faire contacter un militaire de Djibouti qui réceptionnera les pales neuves envoyées de France par Karine. Impossible d’aller à terre dans cette ville capitale de la plongée sous-marine dans les coraux. On me demande d’acquitter les taxes de douanes pour le voilier qui s’élève selon ce douanier à 10 000FF. L’agent du port accepte de faire quelques courses pour approvisionner du frais et nous quittons ces lieux qui accueillent quelquefois les rencontres entre Palestiniens et Israéliens, pour nous rendre sur l’île de Shadwan car impossible de mouiller autour du Ras Muhammad classé réserve naturelle. Sur la cote sud il y a un coffre 27°30N, 33°56.7 E, il est 19h45, la nuit tombe, nous préférons le prendre et éviter ainsi l’entrée entre les coraux dans le mouillage balisée par alignement de 2 bouées. Cette île était baptisée Île du phoque mais comme il n’y a plus de phoque en mer rouge les indigènes l’ont certainement confondu avec le dugong, cousin du lamantin de l’océan indien. Monfreid qui lisait les instructions nautiques de l’époque tombait aussi dans l’erreur quand il s’intéressait à cette étymologie, durant sa « croisière du Hashish ». La peau de cette vache marine recouvrait l’arche d’alliance des Hébreux d’où son ancien nom scientifique de dugong tabernaculi que lui donna Rüppel le zoologiste allemand du siècle dernier. L’animal a dû fuir les lieux trop fréquentés mais il y a assez de beaux sites coralliens autour de l’île pour se passionner à chercher sa trace.
Le 01/07 Nous quittons définitivement le golfe de Suez et faisant route sur El Gouna, nous faisons un mouillage sur le platier de corail Shab el Erg. Incroyable de beauté toute la faune corallienne et réunie, difficile de convaincre les Jacques de rejoindre Equinoxe pour entrée dans cette marina tout juste terminée, (15$ la nuit) accueil chaleureux du manager anglais et de sa charmante épouse italienne. Ils ont la gentillesse de convaincre le jeune policier qui nous réclame les papiers de dédouanement du voilier, que nous sommes en escale technique pour la réparation de l’éolienne. J’avais été prévenu d’éviter à tout prix Hurgada situé à 15 km car dans cette dernière impossible de tergiverser et ça frise l’arnaque (L'Egypte: dur dur pour les voiliers en transit, ils veulent de l'argent et tous les coups sont permis). Nous irons à Hurgada en bus pour acheter une batterie car la plus ancienne donne des signes de grande faiblesse et sans éolienne nous n’avons pas suffisamment d’énergie.
Cette marina est située dans un immense centre touristique, une navette gratuite relie toutes les ½ h la marina au village vacance ce qui nous facilite le transport du « frais » pour continuer la route.
Nous arrivons le 04/07 devant le mouillage de l’hôtel Lotus-Bay à Safaga 26°47.6N, 32°56.3 E . Pas de problème avec les autorités, le nommé Naguib qui joue le rôle d’agent règle les formalités avec le jeune coast-guard de service.
Nous pouvons ravitailler en gazole à 2ff le litre.
Nous profitons de la position géographique de Safaga pour aller visiter en bus Louxor, Karnac et la vallée des Reines avec en point d’orgue la magnifique tombe de Néfertari, la plus belle de toute, nous sommes tous trois émerveillés.
A noter pour ceux qui passeront par-là le centre de plongée Diving Dune est géré par un français et sa fille Léa Tél : 0122532465, toujours prêt à rendre service avec des connaissances à l’ambassade de France.
Nous quittons le dimanche 08/07 Safaga où nous avons été bien accueillis, les jeunes marchands de fruit et légumes nous apprenaient à compter et parler en arabe ce qui déclenchait l’hilarité générale des égyptiens qui nous entouraient.
A cause des problèmes de formalités de douane pour le voilier nous n’avons pas fait de sortie d’Egypte. Route sur Suakim au Soudan. Cinq jours de mer, arrivée le vendredi 13/07.
Impression terrible, difficile à décrire spectacle de désolation, nous arrivons par un étroit passage qui fait suite à un long chenal balisé bordé de bancs de coraux, devant la vieille ville qui mérite sa qualification de ville fantôme. Arrivé au pied de ces ruines on découvre qu’elles reposent sur une presqu’île entourée de 2 bras de mer. En empruntant le bras s’ouvrant sur tribord, on longe les premières ruines qui formaient dans le passé les escaliers de la banque d’Egypte, le minaret de la moquée Shafaï. On aperçoit ensuite la résidence du gouverneur Mumtaz Pasha et on mouille devant cette demeure. Ce stupéfiant mouillage permet de débarquer à même la vielle ville et de s’imprégner de l’atmosphère envoûtante que dégage Suakin. Je ne cache pas qu’un moment j’ai pensé faire demi-tour. J’ai eu la même réaction lors d’un précédent voyage au Sénégal, à Saint Louis, ville détrônée par Dakar qui présente un visage plein de tristesse et de désolation.
Le destin tragique de la citée arabe frappe le visiteur, on devine le faste passé derrière les murs à demi écroulés, les portails sculptés, les poutres en équilibres, les ciselures effacées et les moucharabiehs arrachés. La fragilité des constructions en pierre de corail, l’insouciance ou la faillite des propriétaires et cinquante années de pillage ont transformé une orgueilleuse citée en une ville fantôme. L’histoire du déclin de Suakin est incertaine : abandonnée, oubliée ou volontairement détruite, le seul fait confirmé de son état actuel est qu’elle fut la rivale malheureuse de Port-Soudan. Elle symbolisait hier l’opulence des marchands arabes, la charnière maritime entre l’Empire Ottoman et l’Afrique orientale.
Le soir de notre arrivée, Jacques H à sorti de son sac une trentaine de ballons de toutes couleurs et tous les trois après les avoir gonflés nous les avons jettes à l’eau autour du voilier, tous les enfants du village nageaient pour récupérer ce qui sera pour certain leur unique jouet. Un tout jeune se débrouillait fort bien et nageait très vite avec ficelées à chaque bras deux bouteilles en plastic en guise de brassière de sauvetage.


Nous avons sans hésiter choisi cette région pour distribuer une grande partie des médicaments que nous possédons. Avec l’aide de l’agent Abu Mohammed Hamed nous avons pu attendre des villages dans l’arrière pays et nous ne sommes pas prêts d’oublier l’accueil que les médecins nous ont réservé.
Si d’aventure vous allez à Suakin n’oubliez pas de visiter le musée, une petite merveille situé au Nord Est de la ville.
Le 19 juillet, au milieu de la matinée la VHF d’Equinoxe émettait pour demander un contact avec les autorités du port control de Massaoua en Erythrée, l’autorisation de nous diriger sur le mouillage était accordée et quelques minutes après Equinoxe se dandinait lentement entre les chalutiers.
Un « pass » gratuit de 48 heures est accordé systématiquement. Mais voilà que le capitaine est complètement H S (hors service), certainement une forte baisse de tension due à la chaleur, 43° à l’intérieur du voilier et cela depuis plusieurs jours. C’est avec grande difficulté que je suis arrivé jusqu’au bureaux de l’immigration et de la douane, heureusement encadré par les frères jacques qui corrigeaient ma trajectoire louvoyante. Ils m’ont avoué quelques jours plus tard qu’ils avaient sérieusement envisagé une hospitalisation car mon état les inquiétait. La solution fut très simple, je m’immergeais dans l’eau (pourrie) du port 10mn par heure pour faire descendre la température du corps. En fait j'ai eu tout simplement (!) une insolation.
Le lendemain grande amélioration de mon état, toujours interdit de pastis par mes acolytes mais j’ai pu les accompagner en ville où nous avons rencontré monsieur Salomon propriétaire de l’usine d’eau Aquafresh qui nous a ravitaillé en eau potable en jerrican et a eu la gentillesse de nous accompagné avec sa voiture pour faire nos provisions.
Aquafresh est situé à la sortie Nord de Massawa, Tel : 540044, Fax : 540045.
Nous avons été agréablement surpris par la propreté dans les rues, les commerces bien achalandés l’accueil facile et sympathique
Les Érythréens sont généralement respectueux de la loi et de l'ordre.
Le gouvernement érythréen doit résoudre un différend avec le Yémen concernant la souveraineté des îles Hanish.
Le gouvernement a déclaré qu'il souhaitait créer une économie moderne, de technologie avancée, tournée vers l'extérieur, propulsée par l'entreprise privée et à l'intérieur de laquelle les profits du développement seraient équitablement partagés entre tous. Encouragé par un code d'investissement libéral, l'investissement étranger augmente régulièrement et l'entreprise privée commence à prospérer. Les industries, jadis nationalisées par l'Éthiopie sont privatisées et de nouvelles sociétés émergent. Les quatre secteurs économiques les plus porteurs d'Érythrée sont le tourisme, les activités maritimes, y compris la pêche et l'exploitation pétrolière, le commerce (l'Érythrée est située sur la route de navigation la plus empruntée du monde).
Le 21 juillet 2001 à 10h Equinoxe fait route sur le détroit Bab el Mandab qui sépare la Mer rouge du Golfe de Tadjoura, du Golfe d’Aden et de l’Océan Indien.
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